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dernière mise à jour : 18 décembre 2012
auteur : Claude GOT

la désinformation et la sécurité routière

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Pourquoi autant de désinformation dans ce domaine ?

Les causes principales sont  :

  • l'importance des comportements passionnels face à la conduite automobile,
  • l'ampleur des enjeux économiques.
    • une presse professionnelle très abondante confond la connaissance des véhicules et la connaissance des accidents. En 35 ans d'activité de recherche dans le domaine de la sécurité routière, j'ai rencontré très peu de journalistes français dans les congrès traitant de l'accidentologie.
    • des constructeurs engagés dans une concurrence très dure, qui luttent pour la survie et le développement de leurs entreprises et tentent de convaincre par tous les moyens. Je traiterai à part le problème de la publicité qui est un des éléments de la séduction.
  • la banalité de l'acte de conduire qui facilite une prise de parole sans fondement scientifique. Les conducteurs "savent" pourquoi les accidents se produisent et ils en tirent facilement des certitudes quant aux méthodes à mettre en oeuvre pour les prévenir.

Des exemples de désinformation

  • la promotion indirecte d'un produit présenté comme capable de faire baisser l'alcoolémie dans des proportions importantes "Security Feel Better" Dans le domaine de la sécurité routière une publicité mensongère peut avoir des conséquences dramatiques en donnant aux usagers une fausse sécurité. Elle peut être également dangereuse pour les journalistes quand les vendeurs d'un produit arrivent à désinformer un journaliste qui va propager leurs mensonges dans des articles publiés sous sa signature. La tentative de promotion abusive d'une boisson qui réduirait de 3 à 6 fois plus vite le taux d'alcoolémie est apparue fin février 2006. Il est intéressant d'analyser le mécanisme de cette escroquerie. La vente de ce produit a été interdite par la Direction de la répression des fraudes le 25 février. Par la suite deux décisions judiciaires sont intervenues, l'une relaxant le journaliste du Figaro Jean François Arnaud qui avait été "désinformé" par des commerciaux de la firme et qui avait relaté ce qu'on lui avait dit, l'autre autorisant la remise en vente du produit, ce qui n'est pas surprenant, l'anomalie n'était pas de vendre un jus de légumes dépourvu de danger mais de prétendre qu'il réduisait l'alcoolémie en s'appuyant sur un constat d'huissier qui est un modèle de désinformation.
  • le livre d'Airy Routier, rédacteur en chef de la rubrique "enquêtes" du Nouvel observateur : "La France sans permis". Ce livre offre un panorama complet de toutes le techniques de désinformation utilisables pour manipuler l'opinion. Il est donc un outil exceptionnel pour analyser comment un journaliste peut abandonner toute référence à ce qui constitue la base de la déontologie de sa profession pour tenter de défendre son attitude d'usager ayant perdu tous les points de son permis et qui continue de conduire.
  • Airy Routier ayant déposé une plainte pour diffamation à la suite de la publication de mon livre "La violence routière - des mensonges qui tuent" en septembre 2007 aux éditions Lavoisier, j'ai développé une nouvelle analyse plus précise de ses mensonges dans un ensemble de documents qui ont été présentés devant la 17ème chambre correctionnelle pour assurer ma défense. L'ensemble de ces documents est accessible à partir de la page : la plainte d'Airy Routier, qui donne également accès au texte de la plainte et au jugement qui m'a relaxé.

Les modalités de la désinformation et de la manipulation

  • le mensonge demeure la modalité la plus utilisée
  • l'erreur sur les faits est la forme involontaire du déni de la réalité
  • l'omission des faits qui vont à l'encontre des conclusions auxquelles on veut aboutir
  • l'erreur logique revêt deux formes principales :
    • les prémisses ne permettent pas la conclusion (raisonnement invalide)
    • les prémisses sont fausses
  • les attaques contre les personnes destinées à dévaloriser leurs positions
  • l'affirmation sans preuve (dogmatisme)
  • le passage par la séduction et les sentiments aux dépens de procédures rationnelles (le publicitaire remplace l'éducateur)